Ngimbi Luve a suivi le cursus des Arts Plastiques à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, passionné et assoiffé de progresser, il s’est approché de ses ainés. Il est parmi les premiers de sa génération à avoir exposé avec les « maitres » de l’art congolais tels que Mavinga, Chéri Samba, Nginamau, LemaKusa, Liyolo, Botembe, François TambaNdembe à Kinshasa comme en Allemagne. François TambaNdembe, l’un des plus grands sculpteurs congolais, avant gardiste et artiste le plus troublant par les formes et sa maitrise de la composition, est devenu son parrain en art. A son image, Ngimbi est d’une grande exigence vis-à-vis de lui-même et est porté dans son travail par une révolte à l’égard des conventions dans le monde des arts. Il porte aussi une attention particulière à la ligne et l’anamorphose des formes et défend l’art kongo, un art spirituel, dont la particularité est de lier la gestuelle et l’intention dans l’oeuvre. Il ne conçoit pas de frontière ni de cloisonnement entre les diverses disciplines de l’art – peinture, sculpture, performance ou danse -, le corps est au centre de l’expression ; le support dépend du tempérament, d’après Ngimbi l’art est « la manière de donner corps à une idée peu importe le support, dans l’art kongo ce qui compte c’est l’éthique dans l’esthétique. La gestuelle fait partie du quotidien de l’artiste, elle est un rituel, et le nsoneki (l’artiste) dialogue avec son corps. »